André LAFON

Fondateur du CNR


        Avant toute chose, mieux que la définir en une phrase, nous allons tenter d’expliquer la naturopathie. On en parle beaucoup, de plus en plus, mais sait-on bien de quoi il s’agit ? Il semble que généralement le public ait une idée assez confuse du sens qu’englobe ce terme. Or nos apprenants (ou stagiaires) doivent bien comprendre, en premier lieu, quel va être le champ de leur étude et quel en est le but.

L’expression « médecine naturelle » connaît un grand succès sans toutefois que l’on sache précisément de quoi il s’agit : s’agit-il de l’utilisation des plantes pour la santé, de celle des techniques manuelles, de l’alimentation ou bien d’autres choses encore ?

Le champ des techniques dites « non-médicales » est large. Tout au plus peut-on dire, dans un premier temps, que « LA » médecine naturelle est la médecine non allopathique telle qu’elle est régulièrement pratiquée par les Docteurs en médecine.

De même « LES » médecines naturelles représentent l’ensemble des moyens susceptibles d’être mis en œuvre.

On peut voir alors d’où surgit la confusion. En effet, on ne devrait pas parler des médecines naturelles mais des spécialités ou encore des techniques naturelles.

Cette confusion est néanmoins entretenue par le fait que nombre de ces spécialités prétendent au titre de « médecine » chacune à elles seules. En médecine allopathique, plus communément désignée par le terme de médecine tout court, les spécialités telles que la chirurgie, la kinésithérapie, la psychiatrie etc.… font partie de la médecine en tant que secteurs servant un même concept médical global.

La mise en œuvre du concept global est l’affaire du généraliste qui traite ce que l’on peut appeler les maladies communes tandis qu’il oriente les patients atteints de maladies particulières vers des spécialistes.

La première déduction que nous pouvons faire est que le système médical est homogène dans sa structure de fonctionnement et que les échanges sont corrects, et généralement loyaux, dans les interactions généralistes-spécialistes.

Cela est loin d’être le cas dans la jungle des médecines naturelles (aussi appelées douces) où chacun a souvent la prétention d’être un tout. Cette prétention ne sert pas l’image de la médecine naturelle et, plus gravement encore, ne sert pas le consultant (ou client).

Si l’on observe l’évolution de la motivation médicale dans l’histoire, il semble que la médecine allopathique soit passée d’une pratique relativement apostolique, proche de l’ambition naturopathique, à une pratique essentiellement scientiste. Le mouvement naturel global est né de la « brèche artistique » laissée par la médecine dans le panorama sanitaire. Le médecin, autrefois presque naturopathe, s’est transformé en chimiste de plus en plus pointu dès la découverte des antibiotiques et de la cortisone notamment. L’électronique et sa miniaturisation apportent aujourd’hui des solutions chirurgicales de plus en plus performantes et de moins en moins traumatisantes.

Dès lors, le plus naturiste d’entre nous aurait mauvais jeu de jeter l’avanie systématique sur la médecine. Cette rivalité doit rester attachée au siècle passé et, avec lui, rejoindre l’histoire.

 

Les techniques naturelles sont nombreuses. Certaines ont acquis leurs lettres de noblesse avec le temps, d’autres sont des créations récentes souvent contestables mais parfois prometteuses. Dans le passé, ces techniques étaient pratiquées individuellement. On avait recours aux plantes ou aux techniques manuelles ou à l’hydrologie …etc. On obtenait alors des résultats confirmés par 2500 ans d’observation qu’il est impossible de nier. Aucun fondement scientifique ne présidait à l’emploi de telle ou telle technique, seul le résultat était pressenti par la pérennité de l’expérience et, généralement, survenait, comme le définit si bien Aristote dans sa « preuve par l’expérimentation ».

On peut donc dire que l’on disposait alors d’un patchwork de méthodes employées empiriquement et séparément. Ceci est important à préciser si l’on veut comprendre le progrès considérable qu’a représenté l’émergence de la naturopathie dans les débuts du 20ème siècle.

La naturopathie n’est pas apparue comme une « médecine nouvelle » mais comme le mode d’emploi permettant d’utiliser synthétiquement les techniques initialement disparates. C’est dans cet esprit de synthèse que réside toute l’originalité de la méthode. Parlant de méthode et de synthèse, nous ne pouvons pas éviter de déboucher sur une prétention scientifique de la naturopathie. La naturopathie est avant tout un art. Entendons par là que le praticien exerce sa pratique dans laquelle entre en jeu le « plus » humain qui fera toujours défaut à la science. Le positionnement des praticiens, quelles que soient leurs obédiences, va donc aller, comme un curseur sur une règle graduée, vers la science ou vers l’art qui apparaît alors comme son opposé. On ne saurait parler alors d’art scientifique; c’est l’un ou l’autre. Dans la réalité, les choses sont un peu plus compliquées et, comme dans l’exemple du curseur, une discipline pourrait, dans l’absolu, se caractériser par un certain pourcentage délimité entre science et art.

Dans cette optique, il apparaît nettement que la médecine et la naturopathie sont complémentaires et non pas en opposition devant entraîner une rivalité.

Ayant posé cela, recentrons notre effort de compréhension sur la naturopathie. Les naturopathes sont donc les « généralistes » des méthodes de santé naturelle. Dans l’esprit du public, leur action se situe à deux niveaux essentiels ; celui de la correction de l’assiette (alimentation) et celui du conseil des  simples (les plantes). Si l’on s’en tient à cela, on commet une grave erreur de compréhension.

Depuis les bases posées par Pierre Valentin Marchesseau, considéré comme le père de la naturopathie française, l’action des naturopathes se résume dans la mise en œuvre d’un programme de synthèse réalisé pour chaque consultant. Ce plan de synthèse intègre la mise en œuvre harmonieuse des dix techniques non thérapeutiques et non médicales, dites « techniques principales naturopathiques », et qui sont :

 

-      Les Techniques cognitives (psychologie et émotionnel)

-      L’Alimentation et la micronutrition

-      La Phyto-minéralogie et les oligo-éléments

-      Les Exercices physiques et la non sédentarité

-      La Réflexologie et les plages réflexes du corps

-      Les Rayons au sens de Chromologie et Héliothérapie

-      Les Gaz et l’oxygénation

-      La Magnétologie et les fluides naturels

-      Les Techniques manuelles et les massages bien-être

-      L’Hydrologie externe et l’usage interne de l’eau

 

On considère qu’un organisme soumis pendant un certain temps à une carence dans l’un quelconque de ces 10 éléments devient inévitablement le siège de troubles évoluant vers l’état de maladie. Ainsi, l’action naturopathique se situe-t-elle en deçà de l’action médicale qui est autre et l’on peut alors réellement parler de prévention.

Le naturopathe est un hygiéniste et, à ce titre, il s’efforce de restaurer l’équilibre entre l’individu et son milieu.  Ce faisant, nombre de troubles, précurseurs de maladies, disparaissent ou, plus simplement, n’apparaissent pas, ce qui nous fait prétendre à une réelle action de prévention.

L’idée est simple et ne peut pas être mal comprise puisque l’on parle de prévention et de troubles révélateurs d’erreurs en hygiène vitale et non pas de « maladies » dont le traitement appartient au corps médical. Ce qui est important, c’est de comprendre la progression du processus morbide tel qu’il se présente en l’absence d’agents pathogènes. On a avancé que 80% des désordres (et non de maladies réelles) entraient dans cette catégorie et avaient pour cause globale un déséquilibre entre l’humain et son milieu.

Il s’agit en fait d’un déséquilibre entre l’individu et un ou plusieurs des éléments constitutifs des 10 techniques de restauration utilisées par le naturopathe, techniques qui, avant même de permettre la dite « restauration », doivent être vues avant tout comme des « techniques » de bien-être qui accompagnent la « bonne santé ».

 

Pendant longtemps, nous l’avons dit, le naturopathe s’est présenté comme un correcteur des mauvaises habitudes alimentaires, ce qui reste éminemment valable compte tenu de la dégradation qualitative de l’alimentation moderne.

On l’a aussi connu dans son action « humorale » c'est-à-dire dans la démarche visant à débarrasser l’organisme des déchets qui s’accumulent avec le temps et les erreurs (qu’elles soient alimentaires ou autres). Mais le public ignore souvent que sa démarche est encore plus globale.

 

Aux siècles passés, l’excès alimentaire induisait effectivement des situations de toxémies par encrassements. La correction de l’assiette et les drainages représentaient donc l’action prépondérante. Aujourd’hui, même si l’humain tend à s’alimenter plus sobrement, la diminution qualitative des aliments impose de maintenir la surveillance toxémique. Toutefois, les 20ème et 21èmesiècles sont plutôt, et assez nettement, ceux des déficits de l’équilibre nerveux entre autres générateurs de boulimies dites « de compensation », ainsi qu’une démobilisation physique par perte de motivation ou excès d’assistances technologiques.

Nous devons donc ajuster notre démarche en tenant compte de ce que l’on va rencontrer le plus souvent des désordres hygiéniques d’ordre psychologique ou émotionnel, eux-mêmes générateurs de troubles physiologiques. C’est ainsi que nous avons cru devoir parler de Naturopathie « rénovée » pour bien montrer l’importance de la composante psycho-émotionnelle devenue prépondérante dans la genèse de nos troubles.

 

Pour aller encore plus loin, et c’est notre souhait, n’oublions pas que, mieux encore que la « prévention » qui en elle-même parle déjà d’un risque de troubles à venir, la véritable action du Naturopathe s’inscrit avant tout dans la conservation et l’optimisation de la santé et des performances à la fois physiques et psychologiques comme définies par l’OMS et qui font la dignité de l’humain, en pleine possession de ses capacités afin d’œuvrer paisiblement à la vie en société, selon ses aspirations propres et ses désirs.

 

Le CNR œuvre autour de cette idée, s’efforçant de former des naturopathes et des praticiens en massages de bien-être de haut niveau, en respectant les législations en vigueur, et en préparant ses futurs praticiens du mieux possible à remplir leur mission dans l’intérêt de la santé publique.

 

 

« Si tu donnes un poisson à un homme, il mangera un jour. Si tu lui apprends à pêcher, il mangera toujours. Adage chinois »

 

 

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